Peuple et populisme dans les discours d'Hugo Chavez et d'Evo Morales.

Titre original: Peuple et populisme dans l'Amérique latine du "tournant à gauche": Hugo Chavez et Evo Morales (1999-2010).
(Extraits)

Résumé :
En 1999, Hugo Chávez arrivait au pouvoir au Venezuela marquant le début de ce que les observateurs ne tarderont pas à appeler le "tournant à gauche" en Amérique latine. En effet, ouvrant, après une longue période marquée par le néolibéralisme, le retour sur la scène politique latino-américaine de la gauche – que l’on disait pourtant "disqualifiée" et placée au rang de "curiosité historique" (J. Castañeda 1993) – et, d’une certaine façon, de "l’utopie" – "désarmée" cette fois –, l’arrivée au pouvoir de Chávez allait être rapidement suivie de la victoire électorale de nombreux mouvements de gauche – Evo Morales, Michelle Bachelet, Rafael Correa… –, avec tous les espoirs de révolution sociale et de réformes progressistes que ceux-ci charrient. Ces mouvements, plus ou moins teintés de nationalisme, se proposent notamment d’accorder une attention particulière au "peuple". Dans une perspective comparative et diachronique, cette étude se propose alors d’analyser, à l’aide des méthodes de la statistique textuelle, la représentation du peuple dans le discours de deux des principales figures du "tournant à gauche" : Hugo Chávez et Evo Morales.
Pour cela, dans un premier temps, un premier corpus rassemblant plus de 250 discours d’Hugo Chávez couvrant sa présence à la tête de l’État vénézuélien de 1999 à 2006 sera constitué. Les notions de fréquence, spécificité et cooccurrence, et plus généralement les traitements statistiques, permettront alors d’appréhender la présence et la représentation du peuple dans le discours chaviste ainsi que les évolutions diachroniques. Dans un deuxième temps, à partir des résultats obtenus, le discours chaviste sera alors confronté à un deuxième corpus réunissant près de 150 discours du président bolivien, Evo Morales, et couvrant son premier mandat (2006-2009).
Ainsi, à partir d’un corpus rassemblant plus de 2 millions de mots et près de 400 discours, l’étude permettra de comparer et d’analyser la place du peuple dans le discours de ces deux représentants du "tournant à gauche" en Amérique latine ainsi que les différentes représentations construites.

MOTS-CLÉS : Hugo Chávez – peuple – lexicométrie – Evo Morales – discours politique


1. Peuple, populisme, tournant à gauche
Au départ de l’enquête, il y a un mot : « populiste » et un contexte sociopolitique, « le tournant à gauche ».

Tournant à gauche en Amérique latine ou « le retour du populisme » :
En effet, en avril 2006, peu après la victoire d’Evo Morales en Bolivie, un dossier de The Economist était consacré au « retour du populisme en Amérique latine ». Pour nombre d’observateurs, la victoire d’Evo Morales semblait marquer durablement le revirement – inauguré sept ans auparavant par l’arrivée d’Hugo Chavez à la tête du Venezuela – de la scène politique latino-américaine. Effectivement, en 1999, Hugo Chávez prenait ses fonctions présidentielles après sa victoire à l’élection présidentielle, marquant le début de ce que les observateurs ne tarderont pas à appeler le "tournant à gauche" en Amérique latine. Ouvrant, après une longue période marquée par le néolibéralisme, le retour sur la scène politique latino-américaine de la gauche – que l’on disait pourtant "disqualifiée" et placée au rang de "curiosité historique " – et, d’une certaine façon, de "l’utopie" – "désarmée" cette fois –, l’arrivée au pouvoir de Chávez allait être rapidement suivie de la victoire électorale de nombreux mouvements de gauche – Lula da Silva, Néstor Kirchner Evo Morales, Michelle Bachelet, Daniel Ortega, Rafael Correa… –, avec tous les espoirs de révolution sociale et de réformes progressistes que ceux-ci charrient. Ces mouvements, plus ou moins teintés de nationalisme, se proposaient notamment d’accorder une attention particulière au "peuple".
Mais, si l’on se contente parfois de constater le phénomène général de « tournant à gauche », englobant ainsi sous une même expression les arrivées successives au pouvoir de Hugo Chavez, Néstor Kirchner, Luiz Inacio Da Silva, Michelle Bachelet, Rafael Correa, Daniel Ortega, Evo Morales…, certains observateurs distinguent au sein de ce « tournant à gauche » un phénomène plus restreint de « retour du populisme », visant particulièrement Hugo Chavez et Evo Morales. Fleurissent alors les commentaires les qualifiant tour à tour, eux ou leur action, de « populiste », de « néo-populiste », de « nouveau populisme », de « populiste postmoderne », de « pétropopuliste », de « populiste révolutionnaire », de « populisme autoritaire », de « national-populisme multiculturaliste », de « populisme à double visage » etc. C’est donc en particulier sous l’étiquette de « néo-populiste » – utilisé souvent de façon péjorative mais pas toujours – que ces deux régimes ont été rapprochés par nombre de commentateurs.


2. Le peuple, premier acteur du discours populiste ?
-Structure thématique des discours chaviste et eviste


-Le leader et le peuple
Mais, à lui seul, ce constat ne peut guère être significatif du « populisme » d’Evo Morales et d’Hugo Chavez car d’autres études sur d’autres corpus ont montré que la première place était donnée au peuple dans leurs discours par des orateurs pas vraiment qualifiés de « populistes ».
Si l’on retourne alors à l’index hiérarchique en incluant cette fois-ci les pronoms sujets nous obtenons une nouvelle liste qui diffère légèrement mais significativement de la précédente :


Procédons de la même façon sur différents corpus-témoins typiques de situations d’énonciation distinctes :
-une autre expression de la pensée de gauche contemporaine (Raul Castro et Rafael Correa),
-l’expression de la pensée révolutionnaire (Fidel Castro, Ernesto Guevara et un florilège de discours révolutionnaires),
-l’expression de la pensée socialiste (Salvador Allende)
-et enfin l’expression de la pensée populiste (Juan Domingo Perón) :


Ces simples considérations de départ sont en réalité assez significatives :
-en effet, si elles confirment que le peuple est un acteur central du discours des présidents que l’on taxe de « néo-populistes », on remarque que le peuple était déjà présent de la même façon chez les révolutionnaires ou les socialistes que l’on ne taxait pas de populiste. Il était aussi déjà très présent chez un populiste comme Perón. Ainsi, si la présence du mot peuple semble être un indice nécessaire pour évaluer le « populisme » d’un locuteur – et en cela les résultats semblent confirmer le populisme de Chavez et Morales –, il n’est pas suffisant ;
-surtout, et la différence notable entre le discours des présidents que l’on dit « néo-populistes » (Hugo Chavez, Evo Morales) et celui de Raul Castro et des révolutionnaires qui les ont précédés et de qui ils disent s’inspirer (Fidel Castro, Guevara, Allende…) est l’irruption du yo. Par ailleurs, la forte présence du yo se double, dans les discours d’Hugo Chavez et d’Evo Morales, de la pratique fréquente de l’auto-désignation à travers leur nom ou prénom, ce qui distingue encore ces deux leaders des corpus témoins et renforce cette personnalisation du discours. Ainsi ce n’est pas la présence de pueblo en bonne place dans l’index hiérarchique qui distinguerait le discours dit « néo-populiste » du discours révolutionnaire ou socialiste antérieur mais plutôt l’irruption du yo et la personnification du discours.
Ces éléments sont confirmés par un calcul statistique de spécificités effectué d’abord sur la forme pueblo entre notre corpus et un corpus témoin rassemblant près de 400 textes de 22 locuteurs révolutionnaires latino-américains puis sur la forme yo au sein des quatre échantillons des discours révolutionnaires, populiste et socialiste.
Cela nous montre d’abord que le discours « néo-populiste » ne se distingue pas par la fréquence d’utilisation de pueblo mais bien par celle du yo. Ensuite, nous constatons que parmi les échantillons des discours révolutionnaires, populiste et socialiste, c’est le discours populiste, à travers Perón, qui sur-utilise le yo, tendant sur cet aspect à le rapprocher du discours néo-populiste.



Figure 1 : Ventilation en spécificité des formes pueblo et yo
dans le corpus étudié (Chavez et Morales) et dans le corpus Révolution.


Figure 2 : Ventilation en spécificité de la forme yo dans une sérié d’échantillon représentant
le discours populiste (Perón), révolutionnaire (Guevara, Castro) et socialiste (Allende).

3. La représentation du peuple
« Les mots n’ont pas de sens, ils n’ont que des emplois ». La boutade de Wittgenstein a cependant fortement marqué la linguistique distributionnaliste qui considère que le sens d’un mot, dans un corpus, lui vient de ses emplois. Aussi, selon ce postulat, si l’on arrive à décrire les emplois d’un mot dans un corpus, on en décrirait par la même occasion le sens qu’il a dans ce corpus. Or, le calcul des cooccurrents rend possible une description objective des emplois d’un mot au sein d’un corpus et permettrait donc d’en approcher le sens en corpus.
Ainsi, le calcul des cooccurrents spécifiques de pueblo dans chacun des deux corpus présidentiels – et en contrechamp dans celui de Raul Castro – permet de dessiner l’univers lexical de peuple (le co-texte des différents emplois) et de mettre au jour les différences de construction de la figure du peuple par chacun de ces trois chefs d’Etat.

Chavismo et Evismo : démocratie participative et auto-représentation de la société plébéienne
Car si l’image du peuple est un élément important dans l’analyse du discours politique qui mérite qu’on s’y arrête, elle suscite un intérêt accru dans les cas d’Evo Morales et d’Hugo Chavez. En effet, on le sait, dans tout discours politique se noueront autours de cette figure et de ce mot – peuple – des stratégies visant à construire une représentation du peuple qui suscite l’adhésion de celui-ci au discours du leader. Mais, dans le cas qui nous concerne, la figure du peuple suscite une attention encore plus soutenue du fait du caractère particulier des régimes mis en place par les deux leaders étudiés. Car, tant sur la scène politique latino-américain actuelle – dans le contexte général du tournant à gauche – que dans « le grand débat [sur la prise du pouvoir d’Etat] qui a traversé toute l’Amérique latine depuis les années 1990 à partir de l’expérience des zapatistes », Morales et Chavez ont choisi une voie originale, médiane entre société civile et pouvoir d’Etat qui se traduit par une prise de pouvoir à travers les urnes associée à la forte promotion de participation populaire, dénommé « démocratie participative » par Caracas. Cette voie originale, que certains taxent de « néo-populiste », s’est concrétisée dans diverses mesures, réformes et action des gouvernements dont l’on peut – nous en faisons l’hypothèse – retrouver la trace discursive dans le discours sur le peuple. Dans ce cadre-là, la participation populaire se trouve être un axe important de l’idéologie de ces leaders, le peuple l’un des leviers principaux de leur action ; partant l’image du peuple dans le discours se trouve être un élément fondamental – et fondateur – du discours.
Par ailleurs, selon la conception du populisme – par Ernesto Laclau par exemple – celui-ci apparait suite à la cristallisation autours de symboles communs d’une série de demande populaires insatisfaites entrainant l’émergence du leader charismatique qui interpelle alors la masse populaire et dont la parole va « incarner l’identification populaire » ; à l’origine de la frustration généré par ces demandes insatisfaites, il y a une brèche dans « le social », dans « la continuité harmonieuse du social », et c’est à travers la construction du peuple dans son discours que le leader charismatique ou populiste va essayer de nommer l’idéal de plénitude social à atteindre. C’est donc dans le discours populiste que le peuple – au sens de plebs – se trouve instauré en sujet autonome et politique. C’est d’ailleurs ce que souligne le principal théoricien de l’evismo, Alvaro García Linera – par ailleurs vice-président de la Bolivie, ancien guérillero, mathématicien et sociologue –, quand il définit l’evismo comme « una forma de auto-representación político-estatal de la sociedad plebeya ». Enfin, et plus particulièrement dans le cadre de la Bolivie, se rajoute à l’enjeu de la participation populaire et plébéienne et à la construction discursive du peuple la question des identités indigènes, condamnées longtemps à l’ostracisme et au silence et introduite dans le champ du politique par la victoire et le discours d’Evo Morales. Bien entendu, ces éléments mériteraient d’être plus amplement développés et plus finement articulés à l’analyse discursive des leaders étudiés. Pour le moment, contentons-nous maintenant d’analyser la figure du peuple dans le discours de nos deux leaders à travers les listes des cooccurrents spécifiques ainsi que des segments répétés et inventaires distributionnels – permettant de saisir les procédés de figements lexicaux particulièrement récurrents autours de notre forme-pôle.

Cooccurrents spécifiques
Le calcul des associations spécifiques  entre une forme-pôle, pueblo, et les autres mots du corpus permet de dresser une liste de mots plus particulièrement associés à pueblo.

Le peuple-nation
Chez Evo Morales, comme on peut s’y attendre, le peuple est avant tout le peuple bolivien. Près d’une occurrence sur deux de pueblo est attestée dans le segment répété pueblo boliviano (934). Au côté du peuple bolivien on trouve près d’une centaine d’occurrences de peuples amis ou voisins, d’abord le peuple cubain (38/36/+26 ; pueblo cubano [32]), ensuite le peuple chilien (26/23/+15 ; pueblo chileno [21]) et le peuple vénézuélien (8). On retrouve dans ces utilisations les préoccupations géopolitiques de la Bolivie. A noter la présence de syntagmes tel pueblo alteño (16), pueblo amazónico, orureño (4) ou paceño (12) qui tous renvoient à des sous-ensembles du peuple bolivien. Cet élément, associé à la présence très rare de syntagme du type pueblo indígena (4), nous incitera à regarder ensuite du côté de la forme au pluriel pueblos. Ainsi, chez Evo Morales le peuple est souvent synonymie de Bolivie.
A contrario chez Hugo Chavez, si on retrouve bien évidemment le syntagme pueblo venezolano, celui-ci est relativement moins fréquent que pueblo boliviano chez son confrère. Alors que chez Evo Morales une occurrence sur deux se trouve attestée dans le syntagme pueblo boliviano, une sur six seulement chez Hugo Chavez (977), ce qui laisse à penser à une plus grande variation dans le sens donné à pueblo. Mais notons que cette relative absence de détermination se trouve équilibrée ou contrebalancée par le syntagme, très présent chez Chavez et quasi absent chez Morales : nuestro pueblo (nuestro, 2142/749/+50) De la même façon, on retrouve toute un série de peuple amis ou voisins, plus nombreux (africano, boliviano [12], brasileño [6] guatemalteco, chino…) dont les plus fréquents sont : pueblo cubano (93), argentino (52), colombiano (29) et chileno (16). L’intense activité diplomatique et géopolitique d’Hugo Chavez se reflète donc, par rapport à Evo Morales, dans le grand nombre d’adjectifs nationaux associés à pueblo. On retrouve chez Chavez aussi le lien particulier au peuple cubain : tant chez Morales que chez Chavez le premier peuple étranger est le peuple cubain. A noter chez Chavez la présence du pueblo bolivariano (89). Néanmoins, chacun de ces segments – à l’exception de pueblo venezolano – n’occupe qu’une place infime dans le paradigme du peuple (chacun des segments avec moins de 100 occurrences sur les 6459 que compte pueblo et la plupart avec moins d’une vingtaine d’occurrences). Ainsi, à fréquence égale, le peuple chez Chavez se trouve moins souvent déterminé par les adjectifs de nationalité et semble sémantiquement plus variable.

Le peuple souverain :
Deuxième élément notable, la question de la souveraineté du peuple. Tant pour Evo Morales que pour Hugo Chavez c’est un point important – notamment à travers l’idée de démocratie participative – et on l’a dit, on peut considérer cet élément comme l’un des aspects du (néo)-populisme – selon Enrique Krauze, « le populisme mine, domestique ou abolit les institutions de la démocratie libérale ».
Chez Evo Morales, cette thématique se trouve attestée à maintes reprises d’abord à travers la question du vote, des référendums et des mandats révocatoires des préfets, maires et présidents :
Ahora con el voto del mismo pueblo tienen derecho a revocar si hay algún presidente, vicepresidente, algún parlamentario, algún prefecto o algún alcalde hace mal por su tierra, tienen derecho a revocar con su voto. (13 septembre 2009)
He escuchado comentarios que el presidente va a elegir a dedo, no, aquí que el voto decida, el pueblo decida sobre los prefectos, sobre el presidente, sobre sus autoridades y además de eso estamos planteándonos también cómo hacer un proyecto de ley donde también los alcaldes sean revocados o ratificados, porque yo he visto por ejemplo muchas peleas de alcaldes, un grupo se moviliza de 20, 30 compañeros bloquea el camino para sacar al alcaldes y lo acusan de corrupción. (9 juillet 2008)
Primero intentar de sacarme con el voto del pueblo boliviano, el revocatorio. (13 septembre 2009)
On voit que deux verbes plus particulièrement associé à pueblo contribuent à construire cet image du peuple : savoir et décider. Même s’ils ne sont pas très fréquents en valeur absolue, le diagnostic de spécificité est sans appel (decidir [22/9/+3] et l’indicatif et subjonctif de saber : sabe [160/65/+13], sepa [39/20/+7]).
Par ailleurs, le peuple est souverain chez Evo Morales à travers l’attitude que doit avoir le leader : une expression et un verbe fortement associé à pueblo l’expriment : servir (133/88/+36) (servir al pueblo, 57), le leader sert le peuple. En cela, Evo Morales a explicitement fait sienne la devise néo-zapatiste du mandar obedeciendo (5 et 2 variations du segment). En effet, dès son discours d’investiture, il affirmait ce principe en concluant son discours par ses mots :
Cumpliré con mi compromiso, como dice el subcomandante Marcos, mandar obedeciendo al pueblo, mandaré Bolivia obedeciendo al pueblo boliviano. (22 janvier 2006)
Et il donne sa version du mandar obedeciendo zapatiste par la définition qu’il fait de la politique :
La política significa una ciencia de servicio al pueblo, hay que servir al pueblo no vivir del pueblo, si esa es la política. (22 janvier 2006)
Globalement, Evo Morales promeut donc une démocratie participative où le vote du peuple à travers référendums et élections est l’élément central. Un mot qui, même peu fréquent dans le corpus, est quasi-exclusivement associé à pueblo définit cette vision d’Evo Morales : vocación (20/18/+13), la vocación democrática del pueblo boliviano.
Ésa es la profunda democracia que no solamente es representativa, es participativa de donde toma decisiones con su voto la conciencia del pueblo boliviano. (13 septembre 2009)
Un élément à noter que rapproche la représentation eviste du peuple à la représentation castriste : la conscience (159/86/+26). Si le peuple vote, participe aux referendums et a une vocation démocratique c’est grâce à sa conscience.
Chez Hugo Chavez néanmoins, on retrouve cet élément mais de façon moins prégnante : ainsi on trouve en bonne place l’invocation du peuple souverain (soberano 141/85/+36, pueblo soberano [42], soberanía [368/95/+9]) mais dès 2001 le mot disparait presque totalement du discours chaviste et il apparait souvent dans des expressions figées :
Ahí está, lo importante no es que lo diga o no lo diga, lo importante es que hay un pueblo que es el soberano y que sí sabe dónde están los patriotas y dónde están los traidores. (23 mai 1999)
Chez Chavez, on ne trouve peu de mots associés spécifiquement à pueblo qui renverrait à des mesures concrètes de remise du pouvoir au peuple comme chez Morales la mise en place de mandats révocatoires ou de référendums. On trouve bien la théorisation des pouvoirs, et en particulier du pouvoir citoyen (poder ciudadano [26]) et du pouvoir populaire (poder popular [19]) – élément central du régime politique et institutionnel chaviste visant à contourner les institutions étatistes – mais celui-ci n’est qu’en de rares occasions. Plus généralement, la thématique du pouvoir quant à elle est plus présente :
Esa fuerza es el pueblo, esa fuerza son millones de seres: ustedes, los miles que están afuera y los miles que nos están viendo por televisión y nos están oyendo por radio, ese es el poder constituyente, es la soberanía de un pueblo. (23 juin 1999)
Necesario es que se establezca, que se instale una nueva potestad, un nuevo poder, el poder electoral y que ese poder electoral esté enraizado con el sentimiento del pueblo, que se convierta en el gestor, en el impulsor, en el contralor, en el evaluador de los procesos electorales y sus resultados y que esté pendiente de los magistrados […]. (05 août 1999)
Un poder autónomo que está apenas naciendo: poder ciudadano para cuidar especialmente por los derechos de los ciudadanos y los derechos del pueblo: "moral y luces, nuestras primeras necesidades", los polos de la república bolivariana. (04 mai 2001)
Surtout, chez Hugo Chavez, l’un des mots les plus associés à pueblo est democracia ([1063/334/+45] mais aussi democrática [228/61/+7]). Globalement, la thématique de la démocratie est très liée chez Chavez au peuple. Deux éléments principaux structurent cette pensée : d’une part le rappel fréquent que la démocratie c’est le pouvoir du peuple ("¿cuál es la esencia de una democracia? el pueblo") et d’autre part que la démocratie représentative (democracia representativa [32], representativa [46/12/+3]) est nécessaire mais pas suffisante pour que le peuple puisse exercer ce pouvoir, cette souveraineté ; la démocratie représentative doit donc être dépassée par une démocratie participative ou protagonique (democracia participativa [57], democracia protagónica [15], protagónica [41/15/+4]) qui contourne partis et institutions pour être en lien direct avec le peuple. Ce faisant, Chavez critique la démocratie vénézuélienne antérieure, et plus largement les démocraties latino-américaines et occidentales qui ne sont selon lui que faux semblant :
La democracia representativa es necesaria pero nunca será suficiente para cumplir con el mandato que el pueblo nos ha dado. (25 avril 2001)
He allí uno de los elementos del mapa dinámico este que tenemos acá: construyamos la democracia bolivariana, ¿y cuál es la democracia bolivariana? la democracia participativa, la democracia protagónica cuyo fin - decía Bolívar - debe ser darle al pueblo la mayor suma de felicidad posible. (22 août 2001)
Una democracia que tortura y desconoce los derechos de un pueblo, eso no es democracia: tiranía disfrazada de democracia, es otra cosa. (4 mai 2001)
Dije : "no puedo aprobar eso porque en Venezuela la democracia representativa fue una trampa que llevó a un pueblo heroico a la pobreza y la miseria". (25 avril 2001)
Ahora estamos insertando aquí la figura del referéndum, la consulta directa, y eso le da una carga y un contenido de pueblo, que la democracia sin pueblo, he dicho, es como una copa sin agua o el río sin agua […]. (30 octobre 1999)
Moins fortement associés à pueblo que les thématiques du pouvoir et de la démocratie, on trouve cependant, à des liens de spécificités moins forts, toute une série de mots – cette fois-ci plus concrets – qui doublent le discours abstrait et grandiloquent de Chavez sur la souveraineté du peuple d’une série de propositions pratiques : constitución (1263/267/+11), mandato (154/51/+9), soberanía (368/95/+9), referéndum (397/97/+8), soberana (81/32/+8), constituyente (645/140/+7), ciudadano (296/75/+7), decida (23/14/+7), instituciones (307/77/+7) contribuent à construire cette thématique de la souveraineté du peuple dans le discours chaviste.
Ainsi, la question institutionnelle et la remise du pouvoir au peuple, caractéristique du populisme, est présente dans le discours de nos deux leaders sur le peuple, même si la thématique semble bien plus concrète – en tout cas moins théorisée et moins construite – chez Evo Morales (nous l’avons dit à travers la question du vote, des mandats révocatoires et des référendums) et plus conceptuelle chez Hugo Chavez (à travers l’invocation à un peuple souverain et au pouvoir populaire et la dénonciation de la démocratie représentative, le côté pratique venant seulement dans un deuxième temps).

Le peuple, l’oligarchie et les richesses naturelles :
Troisième élément notable – que l’on retrouve aussi dans les définitions du populisme – : la question des ressources naturelles et de l’oligarchie – selon Enrique Krauze, « le populisme redistribue directement les richesses », « mobilise en permanence les groupes sociaux » et fustige l’oligarchie. De nouveau, ces éléments s’attestent de façon différente chez Chavez et chez Morales.
Huitième mot le plus associé à pueblo chez Morales : plata (608/203/23) ; vingt-cinquième mot environ : hidrocarburos (288/90/9) ; puis recuperación (72/25/5), naturales (529/116/4), nacionalización (246/63/4), recursos (747/159/4), devolver (27/10/3), recuperar (144/38/+3) : tous ces mots fortement associés à pueblo chez Morales tracent le contour d’un thème cher au cœur du président bolivien : rendre les ressources naturelles du pays au peuple et lutter contre la corruption (corrupción [238/52/+2]). Ainsi, pour Evo Morales, il s’agit de faire en sorte que les ressources naturelles du pays profitent directement au peuple bolivien ; une des actions fondamentales de son mandat a donc été de modifier la loi sur les hydrocarbures (modificación (55/30/+10) ; modificar, [29/9/+3]) et même s’il parle de nacionalización (246/63/+4), il s’agit plutôt de renégociation avec les entreprises privées étrangères , les ressources supplémentaires dues à cette renégociation au profit de l’Etat bolivien étant redistribuées aux familles (aux enfants et aux personnes âgées) sous forme de bons. En passant, on retrouve là encore l’idée de souveraineté du peuple : Evo Morales insiste sur le fait que cette redistribution n’est pas le fait du gouvernement sinon bien la demande du peuple (pedido) :
Ojalá el pueblo boliviano, las fuerzas sociales puedan respaldar esta lucha contra la corrupción, llega tanta plata pero esa plata se acaba en bolsillo de algunas familias en nuestro país. (10 février 2006)
No se puede permitir que algún empresario no pague impuestos, y después trate de sacar plata del estado que es la plata del pueblo boliviano. (17 février 2006)
[…] la plata del gas es del pueblo boliviano que luchó por la recuperación de los hidrocarburos. (14 octubre 2007)
[…] recuperar los hidrocarburos, la modificación de la ley de hidrocarburos ha costado sangre […] (18 octobre 2007)
On note la aussi une différence de discours – dans la forme – entre Morales et Chávez: Chavez aborde cette thématique essentiellement à travers un mot : oligarquía [415/141/+24] (mot quasiment absent du discours eviste). On pourrait penser trouver chez Chávez une dénonciation construite et régulière de la concentration de richesses naturelles à travers cette thématique. Or l’oligarchie chez Chavez c’est d’abord celle qui historiquement a dirigé le Venezuela contre le peuple et contre Bolivar, contre Zamora ; la dénonciation de l’oligarchie s’inscrit d’abord dans un récit historique avant de s’inscrire dans un registre économique. Ensuite, il dénonce l’oligarchie en tant que classe sociale mais de façon générale (Amérique latine, etc.) et non pas seulement dans le cas particulier du Venezuela. Il s’agit donc plutôt d’un discours idéologique, de prises de position plutôt que d’un discours visant à agir concrètement dans le but de changer la situation économique du pays :
Así que no está por demás este comentario acerca del papel de los militares en América latina en este momento, soldados del pueblo y soldados para el pueblo, los soldados de la oligarquía o soldados para defender los intereses de la oligarquía o los intereses del imperio. (5 novembre 2004)
Cipriano Castro llegó desde Los Andes, todos sabemos, y surgió como producto del fracaso del modelo al que la historia conoce con el nombre de liberalismo amarillo, o más que modelo, etapa, primero fue la oligarquía conservadora que cayó con la guerra federal, pero para nada porque cayó la oligarquía conservadora, matan a Ezequiel Zamora y los dirigentes o líderes del pueblo no supieron defender las conquistas de la guerra federal y entregaron la revolución y la oligarquía conservadora fue sustituida por la oligarquía liberal, la misma cuarta república que nació en 1830, esa república se conservó intacta a lo largo de esos 70 años de 1830 al año 1900. (2 février 2004)
Fue la juventud militar la que levantó las armas en contra de la dictadura del Fondo Monetario Internacional (FMI), de la dictadura de la oligarquía venezolana en contra del pueblo, de la dictadura del pacto de Punto Fijo. (4 février 2004)
En fait, par rapport à Evo Morales, il semble qu’Hugo Chavez tende à construire la figure du peuple plutôt dans l’abstrait et on ne trouve pas réellement de thématiques associées au peuple qui puissent faire écho au thème des hydrocarbures et de la redistribution de l’argent au peuple comme chez Morales. Ainsi, la thématique du pétrole n’est pas spécifiquement associée à pueblo ni celle des hydrocarbures (hidrocarburos [75/4/-3]). Cette tendance à l’abstraction semble être l’une des particularités d’Hugo Chavez par rapport à Evo Morales.

Chavismo vs Evismo : grandiloquence vs pragmatisme ?
En effet, le discours sur le peuple chez Hugo Chavez est souvent grandiloquent (traicionado, traicionar, cadenas, triunfo, clamor, glorioso, rebelión, traición, heroismo, resistiendo, traicionaron, sacrificio, reposo, tragedia, heroica, sueno, tiranía, invencible…) et abstrait quand Morales se meut dans le concret. Ainsi, le peuple chez Hugo Chavez est fortement lié au récit historique à travers l’évocation de Bolívar, de Zamora, de la formation de la République (república, Lincoln, historia, batalla…). On peut presque parler de mythification du peuple et cet aspect, qui le différencie clairement d’Evo Morales, le rapproche sans conteste du discours de Fidel Castro, à travers toute une série de termes comme : heroico, felicidad, alma, amor, dignidad, noble, esperanza, corazón, grandeza, sentimiento, coraje afecto, sabio, honor, justicia, leal, humilde, libre, feliz, digno, patriota, patriótica… tous ces mots fortement associés à pueblo dans le discours chaviste sont presque tous des mots que l’on retrouve aussi associés à pueblo dans le discours castriste des premières années (1959-63).
On retrouve bien entendu certains mots qui contribuent au même type de discours chez Morales mais dans des proportions incomparablement inférieures (à seuil de spécificité égale, c'est-à-dire E≥+5 on trouve 6 mots chez Morales quant on a recense plusieurs dizaines chez Chavez) : conciencia, vocación, clamoroso, sentimiento, confianza, destino)

Conclusion: bilan et perspectives
Au terme de notre étude, il convient de dresser le bilan de notre exploration des discours chaviste et eviste autours de la figure du peuple et d’en suggérer les perspectives.

Bilan
Tout d’abord, dans une perspective quantitative, nous avons montré, mesures à l’appui que le peuple était un acteur de premier plan dans le discours d’Hugo Chávez et, encore plus, dans celui d’Evo Morales.
Ensuite, mettant en contraste ces discours avec ceux d’autres locuteurs représentant tant la gauche latino-américaine contemporaine que le discours révolutionnaire, socialiste ou populiste, nous avons montré que le protagonisme du peuple dans le discours ne permettait pas de distinguer notre corpus d’étude avec les corpus témoins.
Enfin, nous avons démontré, mesures à l’appui, que l’irruption du locuteur – à travers le yo et l’auto-désignation – singularisait notre corpus d’étude de nos corpus témoins, mais aussi que parmi les discours dits révolutionnaire, socialiste et populiste de années 45-80, c’est le discours populiste, à travers Perón, qui sur cet aspect, se rapprochait le plus de notre corpus d’étude.
Nous avons donc fait l’hypothèse que la forte présence du peuple et du locuteur pourrait être des indices discursifs quantitatifs du fonctionnement du populisme, sachant que l’attention portée au peuple et la présence d’un leader fort et charismatique sont deux des caractéristiques des définitions socio-politiques du populisme.
Dans un deuxième temps, à travers l’analyse des cooccurrents, nous avons mis au jour les principaux axes qui structurent la représentation du peuple dans les discours chaviste et eviste : le peuple-nation à travers les adjectif nationaux, le peuple-souverain à travers la théorisation ou l’évocation de la mise en place de mécanismes visant à redonner au peuple l’initiative politique, et enfin, la redistribution des ressources naturelles au peuple chez Evo Morales et l’opposition du peuple à l’oligarchie chez Hugo Chavez. A travers ces différents éléments quantitatifs, nous avons vu qu’Evo Morales privilégiait un discours plus pratique quand Hugo Chávez allait plus volontier vers la grandiloquence et le récit historique. Enfin, nous avons vu que ces axes qui structurent la représentation du peuple chez nos deux leaders étudiés recoupent en partie les définitions socio-politiques du populisme.

Perspectives:
Bien entendu, cette étude n’a permis que d’esquisser les principaux traits du néo-populisme et de la figure du peuple chez nos leaders, et elle devra être approfondie : d’abord à travers la prise en compte des différentes attestations du paradigme de pueblo comme le pluriel (pueblos [3104]) ou les adjectifs (popular [686], populares [241]) ; ensuite à travers l’analyse de l’évolution diachronique de la figure du peuple. Par ailleurs, étant donné l’importance du yo, une étude en parallèle du yo permettrait de comparer ces deux figures que sont le leader et son peuple tout comme, de façon plus générale, les thématiques liées aux définitions sociopolitiques du populisme mériteraient d’être étudiées plus attentivement dans notre corpus. Enfin, la mise en contraste plus large avec d’autres discours du « tournant à gauche » et de la droite contemporaine permettrait de mettre en relief l’ensemble de ces résultats et à terme de définir un protocole d’analyse qui, sur la base d’indices quantitatifs objectifs et facilement mesurables, permettrait de dresser une cartographie et une typologie du discours politique latino-américain à l’époque contemporaine.

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